Facture électronique : comment le cabinet comptable récupère-t-il les factures de ses clients ?
Le tuyau change. Le client, nonImaginons un client modèle. En septembre, il a reçu sa toute première facture électronique, structurée, transmise par une plateforme agréée, conforme au dernier octet. Il l'a imprimée. Puis il l'a rangée dans la boîte à chaussures, entre un ticket de péage et une note de restaurant, et il vous l'apportera en janvier avec le reste.
La réforme a changé le tuyau. Elle n'a pas changé le client. La question du cabinet devient donc très concrète : où arrivent les factures de mes clients, et comment j'y accède ?
Mis à jour le 2 novembre 2026.
Facture électronique : qu'est-ce qui a changé au 1er septembre 2026 ?
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent pouvoir recevoir leurs factures sous forme électronique. Les grandes entreprises et les ETI doivent aussi les émettre sous ce format et transmettre à l'administration leurs données de transaction et de paiement (le e-reporting). Les PME et les micro-entreprises suivront le 1er septembre 2027.
Le passage obligé s'appelle la plateforme agréée. Elle émet, transmet et reçoit les factures entre fournisseur et client, peut convertir une facture dans le format du destinataire, et transmet à l'administration les données qui la concernent. Un logiciel « compatible » peut s'y brancher, mais son éditeur n'a pas la qualité de plateforme agréée : il ne peut ni recevoir ni transmettre de factures pour le compte de l'entreprise.
Un PDF envoyé par mail n'est pas une facture électronique au sens de la réforme. Même s'il a été envoyé avec beaucoup de conviction.
Le cabinet comptable peut-il recevoir les factures électroniques de ses clients ?
Les factures d'achat arrivent sur la plateforme que le client a choisie. Une entreprise peut en choisir une ou plusieurs, et en changer à tout moment. Ce choix est formalisé par un accord avec la plateforme, qui est ensuite désignée dans l'annuaire des destinataires de factures géré par l'administration.
Pour le cabinet, tout dépend donc de ce que le client a signé, et avec qui. L'Ordre des experts-comptables de Paris note qu'un client peut avoir besoin de deux plateformes distinctes : une pour la réception, souvent liée à un outil de reconnaissance des pièces ou au logiciel comptable, une pour l'émission, liée à son logiciel métier. Si la plateforme de réception est celle que le cabinet utilise, les factures arrivent jusqu'à lui. Si le client en a choisi une autre seul, dans son coin, un mardi soir, le cabinet doit obtenir un accès ou un export, plateforme par plateforme.
Faut-il un mandat entre le client et l'expert-comptable ?
Le Conseil national de l'Ordre met à disposition un modèle de mandat. Selon l'Ordre de Paris, ce mandat donne au cabinet délégation pour gérer le choix de la plateforme agréée de ses clients, et il reste indépendant de la plateforme retenue. L'Ordre de Paris recommande de prévenir les clients le plus tôt possible avec un message simple : « La facture électronique arrive, ne signez rien sans nous consulter. »
Pour les clients qui ont déjà signé, le mandat sert à remettre de l'ordre : qui a choisi quoi, qui a la main sur les accès, qui prévient qui en cas de changement de plateforme.
Quelles pièces n'arrivent pas par la plateforme agréée ?
La plateforme ne transporte que des factures. Un relevé bancaire, un bulletin de paie, un contrat de prêt ou un avis d'imposition continuent d'arriver comme avant, c'est-à-dire quand le client y pense.
S'ajoute un effet de calendrier. Jusqu'au 1er septembre 2027, un fournisseur PME n'est pas encore tenu d'émettre des factures électroniques et peut envoyer les siennes dans le format qu'il souhaite. Pendant un an, un même client recevra donc des factures électroniques de ses gros fournisseurs et des PDF, voire du papier, des autres. La boîte à chaussures a obtenu un sursis.
Côté ventes, celles faites à des clients établis hors de France ne donnent pas lieu à facture électronique obligatoire : elles relèvent du e-reporting.
Quelles nouvelles mentions vérifier sur les factures ?
Le tableau des données de facture publié par impots.gouv.fr, en application des articles 289 bis et 289 E du code général des impôts, fixe des dates d'application pour plusieurs mentions :
- le numéro SIREN du fournisseur et du client : 1er septembre 2026 ;
- la catégorie de l'opération (livraison de biens, prestation de services, ou les deux) : 1er septembre 2026 ;
- l'option pour le paiement de la TVA d'après les débits, si elle a été exercée : 1er septembre 2026 ;
- l'adresse de livraison des biens, si elle diffère de l'adresse du client : 1er septembre 2027.
Le SIREN du client devient donc une donnée qui circule. Un fichier tiers où le même client existe trois fois avec trois SIREN différents va enfin recevoir l'attention qu'il réclame depuis des années.
Ce que le cabinet peut faire cette semaine
- Faire la carte des plateformes. Pour chaque client : quelle plateforme reçoit ses factures, qui l'a choisie, et si le cabinet y a accès. Une colonne « on ne sait pas » est une réponse acceptable pour commencer.
- Envoyer le mandat aux clients qui n'en ont pas, à partir du modèle du Conseil national de l'Ordre.
- Prévenir le portefeuille par un message court, avant qu'un client ne signe seul pour une plateforme que personne au cabinet ne connaît.
- Nettoyer le fichier tiers. L'Ordre de Paris cite trois chantiers : les SIREN en double, les numéros de TVA intracommunautaire manquants, les SIRET obsolètes.
- Trier les clients par échéance d'émission : grandes entreprises et ETI déjà concernées, PME et micro-entreprises au 1er septembre 2027.
- Garder la liste de ce qui n'arrive pas par la plateforme (relevés, paie, factures papier des fournisseurs PME jusqu'en 2027) et continuer à la réclamer. Notre page sur la relance des pièces manquantes donne une méthode.
Aucune de ces étapes ne demande un logiciel. Un tableur partagé et une après-midi au calme suffisent, ce qui ne nous arrange pas du tout de l'écrire.
Et KiroHQ dans tout ça ?
KiroHQ ne remplace pas votre logiciel de production. Il s'occupe de ce qui se passe autour, et la réforme en laisse beaucoup : savoir, dossier par dossier, quelles pièces manquent encore. KiroHQ prépare les relances. Elles partent de la messagerie du cabinet, et aucune ne part sans le clic d'une personne du cabinet. Le journal, qu'on ne peut ni modifier ni effacer, dit qui a relancé qui, et quand. Le serveur est en France, rien que pour votre cabinet.
KiroHQ ouvre début 2027, à peu près au moment où la boîte à chaussures comprendra que son sursis touche à sa fin.
Aucune facture n'a été imprimée pendant la rédaction de cette page.
Sources
- À partir de quand suis-je concerné par la réforme de la facturation électronique ? (impots.gouv.fr, janvier 2026)
- Facturation électronique et plateformes agréées (impots.gouv.fr, septembre 2026)
- Foire aux questions : je découvre la facturation électronique (impots.gouv.fr, version du 1er septembre 2026)
- Facturation électronique : données de facture (impots.gouv.fr, août 2026)
- L'Actu de la Factu n° 1 (Ordre des experts-comptables Paris Île-de-France, novembre 2025, PDF)
Trente minutes, vos vrais dossiers.
On regarde où part le temps chez vous, on vous montre ce que KiroHQ en fait, et vous décidez. S’il n’y a rien à gagner, on vous le dit.

Ou écrivez à contact@kirohq.com.
Fabien répond lui-même, sous un jour ouvré.