Vos consultants passent plus de temps à documenter et relancer qu’à conseiller. Voici ce qu’on observe dans les cabinets de 5 à 30 consultants.
Les comptes-rendus arrivent trop tard — ou jamais
Un COPIL de 2 heures avec le client lundi matin. Le CR devrait partir le jour même. En pratique, le consultant enchaîne sur une autre réunion, puis un déplacement, et le CR est envoyé jeudi — quatre jours après. Le client reçoit un document approximatif, les actions ne sont pas claires, et lors du prochain COPIL, on perd 20 minutes à revenir sur ce qui a été dit. C’est un cercle vicieux qui mine la crédibilité du cabinet. Un CR tardif, c’est un signal : "on ne maîtrise pas notre propre suivi".
Les actions de mission s’évaporent entre deux réunions
"Thomas s’occupe du benchmark concurrentiel pour vendredi." "Sarah doit valider le budget avec le DAF." "Le client envoie les organigrammes avant jeudi." Trois actions, trois owners, trois deadlines. Combien seront réellement faites vendredi ? Dans un cabinet de conseil typique, 30 à 40% des actions convenues en réunion ne sont pas exécutées dans les délais, simplement parce que personne ne les suit de façon structurée. Elles sont dans les notes du consultant, pas dans un système.
La mémoire de mission repose sur les personnes, pas sur le système
Marc gère la mission chez Leclerc depuis 8 mois. Il connaît tous les interlocuteurs, toutes les sensibilités, tout l’historique. Le jour où Marc tombe malade, part en congé, ou quitte le cabinet, c’est la catastrophe. Le consultant qui reprend passe 2 à 3 jours à reconstituer le contexte, le client doit tout réexpliquer, et la confiance se fissure. C’est un risque opérationnel majeur que la plupart des cabinets sous-estiment.
Les signaux de décrochage client passent inaperçus
Le sponsor côté client répond de moins en moins vite. La fréquence des réunions s’espace. Les actions côté client ne sont plus exécutées. Ces signaux annoncent presque toujours un problème : désalignement, insatisfaction, changement de priorités internes. Mais quand le consultant est pris dans le delivery, il ne les voit pas. Quand il les voit, c’est souvent trop tard : le client a déjà décidé de ne pas renouveler.
Le staffing se fait au feeling, pas aux données
Qui est surchargé ? Qui a de la disponibilité la semaine prochaine ? Quelle mission consomme plus de jours que prévu ? Dans beaucoup de cabinets de 10 à 20 consultants, ces questions n’ont pas de réponse fiable. Le staffing se fait lors de réunions hebdomadaires où chacun donne sa vision, souvent optimiste. Résultat : des consultants qui font 55 heures pendant que d’autres attendent, des missions en retard, et des marges qui s’érodent.
La préparation des réunions client prend trop de temps
Avant chaque comité de pilotage, le consultant passe 45 minutes à 1 heure à relire ses notes, reconstituer l’avancement, identifier les sujets bloquants. C’est du temps qui pourrait être consacré à préparer des recommandations à forte valeur ajoutée. Multiplié par 3 à 4 réunions client par semaine, c’est un demi-jour par consultant perdu en reconstitution d’information.